15 avril 1951

AVANT-PROPOS


J'ai sorti du panier des archives de l' AURORE où dorment notre illustre passé et nos souvenirs, un texte qui narre la chronologie de la finale du championnat de France F.SF Seniors masculins Honneur qui se déroulait à TOURS. 
Ce dimanche 15 avril 1951, l' AURORE allait s'octroyer un titre national, seule consécration suprême connue à ce jour à HUSSIGNY-GODBRANGE, toutes  sociétés sportives confondues.
Avant de vous dévoiler ce récit, il faudra vous plonger dans le contexte de l'époque. Si aujourd'hui l' AURORE assume pleinement sa laïcité, en 1951 le club au soleil levant comptait parmi les patronages les plus actifs de la région. De surcroît, la religion y tenait donc une grande place, imprimant ainsi en son sein une morale basée sur les fondements de l'église catholique. L' AURORE était alors affiliée à deux fédérations sportives bien distinctes, la F.F.B.B (Fédération Française de Basket Ball) et la F.S.F (Fédération Sportive de France). Il ne faut surtout pas sous-estimer la valeur des compétitions régies par la F.S.F, de grandes équipes comme VILLEURBANNE y ont brillé.
Je ne pourrai pas poursuivre cet avant-propos sans oublier de saluer et rendre hommage à la mémoire de deux illustres personnages qui ont brillé au sein de l' AURORE. Édouard WOJCIEKOWSKI, qui nous a quitté depuis peu. Cheville ouvrière du club, s'il n'avait en ce temps là, pris en mains les destinés de l'équipe fanion comme joueur et entraîneur, cette journée mémorable du 15 avril 1951 n'aurait jamais existé.
Roger INGLEBERT, l'homme orchestre, secrétaire et trésorier de l' AURORE à cette époque, a fait toute mon admiration. Son charisme, son perfectionnisme, l'amour qu'il portait à ses fonctions, ont été des repères gratifiants dont je me suis inspiré pour accomplir au mieux ma tâche de secrétaire du club. 
Je voudrai aussi remercier cet anonyme , auteur de cette belle histoire, qui a oublié de se nommer. J'espère qu'un jour nous pourrons le  reconnaître et apposer pour lui, son nom au bas de son ouvrage. Je pense qu'il était nécessaire de sortir de sa léthargie ce magnifique
document afin de l'offrir au monde entier pour que la mémoire n'oublie pas ces hommes qui, de par leurs exploits ont contribué à écrire la fabuleuse histoire de l'AURORE.

Bonne lecture à toutes et tous.

L' AURORE HUSSIGNY , CHAMPION DE FRANCE F.S.F SENIORS MASCULINS
TOURS – 15 AVRIL 1951


Ce texte est reproduit entièrement dans son originalité:


Samedi 14 avril, grand branle-bas à HUSSIGNY.


A 06h30, les Basketteurs se rassemblent un à un au presbytère avant le long voyage qui va les conduire au coeur de la France, à TOURS.
TOURS, l'ancienne résidence des Rois de France, le jardin de la France, le paradis délicieux comme l'appelle le poète, TOURS, la capitale d'une région bénie, au climat idéal, sans brutalité, TOURS, avec sa constellation de châteaux immortels, avec sa cohorte de vins célèbres, avec sa lignée de lettres et de savants. TOURS, aux souvenirs d'un passé glorieux et pieux que nous rappelle une légion de Chevaliers et en particulier le grand Évêque et preux Saint MARTIN à la renommée universelle.
La camionnette de la Mine mise gentiment à notre disposition nous emmène à 06h45. La joie règne dans le coeur des heureux bénéficiaires de ce déplacement de 600 km. Notre dévoué trésorier et secrétaire Roger INGLEBERT nous attend souriant à la gare de LONGWY et nous conduit dans un wagon où nous sommes réunis-en privé-dans une ambiance de cordialité et de gaîté que l'on rencontre chez les écoliers en vacances.
Au fait, nous sommes en vacances.....Nous disons un adieu désinvolte aux nôtres et à HUSSIGNY sans la moindre tristesse – pour le moment du moins – puisque nous ne partons que pour trois jours. Le trajet de LONGWY à PARIS – départ à 07h30, arrivée à 13h15 – se passe comme un rêve. Nous avions tellement à faire.... Chacun tire de son sac ou de sa valise un bon casse-croûte qui fut avalé avec un appétit féroce, suivi d'un café et d'un petit verre de mirabelle que les basketteurs avaient apprécié plus d'une fois au presbytère.
Les concours de belote fonctionnent bientôt à bloc. Coïncidence étrange, le capitaine de l'équipe fanion Édouard WOJCIEKOWSKI perd son match dans les trois dernières minutes ce qui occasionne une mise en boîte qu'il accepte avec le sourire.
La chanson se fait bientôt reine et ne cesse définitivement qu'à PARIS,
avec une légère accalmie de temps à autre pour nous permettre d'admirer en vitesse, les cathédrales de REIMS et de MEAUX, premières beautés artistiques de notre grande sortie.
13H15! PARIS – tout le monde descend!
Les cousins de Pentecôte que nous sommes débarquent à la gare de l' Est, sans être toutefois dépaysés. A PARIS, ne sommes nous pas chez nous.....
Le métro, première trouvaille pour certains, nous conduit en cinq minutes à la gare d' ORLEANS où nos bagages sont consignés pour nous faciliter la visite de quelques merveilles de la ville lumière. Notre Dame a été notre premier but. Notre visite à la Vierge avait été prémédité – nous avions tant à lui demander et sa maison est si belle – nous sommes restés en extase devant sa transcendante demeure où tout est harmonie et vie. La jeunesse attirée par les panoramas à contempler se précipite au faîte du monument d'où on aperçoit dans toute sa clarté printanière PARIS, le beau PARIS.
La fatigue se fait durement sentir sur la chemin du retour à la gare d'ORLEANS. Les chaussures neuves font payer cher leur première sortie. Notre pauvre KLYMZIK se traîne le long des quais de la Seine où la présence de nombreux pêcheurs « de noms » et de quelques clochards ne peuvent le dérider. Gilbert LECOMPTE, notre chronométreur attitré, maudissait lui aussi ses petits souliers vernis « un tantinet trop courts » au point qu'il ne voyait à peine les nombreux antiquaires des rives de la Seine. Heureusement, une brève visite au zoo du jardin des plantes apporte la distraction qu'il fallait en pareille circonstance..... Voici les animaux les plus rares de la création.... Éléphants – tigres – panthères – hippopotames – loups – cerfs – oiseaux – etc – etc. Il y avait même une cabane vide.... où tout le monde.... s'envoyait avec bonhomie.... Les singes, « comme ils nous ressemblent » eurent la palme du concours. Lulu BERTON les affectionnait particulièrement et se délectait en leur
présentant une série impressionnante de mégots et même de cigarettes qu'ils avalaient sans se sourciller, non sans avoir pris la précaution d'enlever le papier. Nos cousins, il faut le dire, ne sont pas des idiots, loin de là. Ils étaient tellement attirants et amusants que Thaddée KUNICKI et KLYMZIK avaient oublié l'heure exacte du train et qu'ils furent arrachés in extremis à leur contemplation par un sérieux rappel à l'ordre.
 

Il est 18h15! Entrée précipitée sur le quai de la gare. Recherche d'un wagon qui pourrait recueillir les 14 voyageurs. Après quelques difficultés de dernière heure, nous parvenons à nous caser à proximité les uns des autres sans goûter toutefois, la même intimité, la même ambiance de la première moitié du voyage. La fatigue nous invitait d'ailleurs à goûter au plus tôt un repos bienfaisant. Sur le soir, au coucher du soleil, nous apercevons à peine la haute silhouette de la cathédrale d' ORLEAN, où nous sentons toute proche la présence de Jeanne, notre illustre et bien aimée compatriote. Une heure plus tard, alors que la nuit était totalement tombée, nous devinions, à quelques pas le merveilleux chapelet
des châteaux de la Loire où s'affirmait le génie millénaire de la France. BLOIS, CHAMBORD, CHAUMONT, CHEVERNY, CHENONCEAUX, résidences royaleset seigneuriales d'une renommée mondiale qui atteste la richesse, le goût, le style propre de la TOURAINE.
 

Vers 21h30, nous entrons en gare de TOURS, comme prévu, affirmait triomphalement notre « sous préfet », pardon notre sous-chef de gare en vacances (il s'agit de Roger INGLEBERT), satisfait de la régularité parfaite de la S.N.C.F. Descente nonchalante du train. Rassemblement rapide du groupe. Recherche de loin de notre guide.. escompté.. et enfin sortie de la gare où nous sommes accueillis chaleureusement par une délégation tourangelle à la tête de laquelle se trouve Monsieur LACHEZE, qui sera durant notre séjour un cicerone d'une gentillesse extrême et d'une complaisance à laquelle nous rendons ici un hommage bien sincère et reconnaissant. Nous découvrons TOURS.... dans le vague bien que magnifiquement bien illuminé. La distance de 400 m qui nous sépare de notre hôtel attitré sera vite franchie. Un repas excellent nous attend. On lui fait fête... comme de bien entendu.
 

A 23 heures Monsieur le Curé abandonne ses ouailles et s'enfonce dans la nuit avec un guide bénévole qui le conduit au petit séminaire, où il passera une nuit reposante. Le gros de la troupe trouvera un sommeil réparateur à l'hôtel du Cygne dont nous garderons un excellent souvenir.
Le dimanche 15 avril vers 09h00, notre Guide vient chercher Monsieur le Curé accompagné du comité tout entier, Messieurs René LIEFFRING (Président), Roger INGLEBERT, Gilbert LECOMPTE, déjà revigorés et qui se déclarent enchantés. Après une visite rapide à la basilique Saint MARTIN dédiée au Saint le plus populaire de France et dont le tombeau fit de TOURS le plus grand pèlerinage de la Chrétienté, nous rejoignons nos basketteurs bien en forme et ravis du temps splendide qui contraste singulièrement avec le ciel maussade et triste de notre Lorraine..... lointaine.
La journée commence bien.... Nous espérons sans le dire.... qu'elle se termine en apothéose. Notre messe est dite dans une charmante chapelle du mouvement ouvrier tourangeau, chapelle bien intime, bien familiale, où l'autel tourné vers le peuple invite d'une manière pressante les assistants à participer authentiquement au divin Sacrifice. Lucien BERTON et Émile PEIFFER sont les servants modèles du plus grand acte de piété qui s'achève avec la récitation d'une petite prière aux intentions des nôtres et de la Mission. La visite de la Cathédrale qui se trouve à une centaine de mètres termine pieusement la matinée de ce premier beau dimanche d'avril. Jusqu'ici, la pensée du match capital de l'après-midi nous a servi, sans doute, mais sans passion, sans inquiétude.La réunion de 11h30 à l'hôtel, va remuer cette pensée, la chauffer, la
torturer, elle va nous mettre sur des charbons ardents, elle va rendre pénible la période préparatoire au combat. Sont présents autour de la table disposée en fer à cheval, les différents comités nationaux et locaux et trois sociétés sur quatre (le drapeau de Fougères n'arrivera que vers 15h00.)
JUNIORS – ENFANTS DU FOREZ DE FEURS
SENIORS – BLEUETS D'AGEN
SENIORS – AURORE D'HUSSIGNY

Chacun prend la mesure de son adversaire, le dévisage, tâte de loin son pouls. Notre grand TONELLO fait une impression formidable. Que faire contre ce géant de 2m03 pense AGEN qui tremble à l'avance. Soudain, un silence religieux se fait pour entendre les orateurs de circonstance, Monsieur le Président de l'Union de Touraine et le Délégué de la Fédération. Le Président de l'Union de Touraine salue en termes excellents... TOURS dit-on, parle le Français le plus pur... ces équipes valeureuses appelées à disputer deux finales nationales, en rappelant leurs mérites respectifs et les points de contact proches ou lointains des provinces qui les unissent. Les mineurs du Pays Haut sont les seuls à ne pas connaître l'heureux pays qui les reçoit.
Le délégué de la Fédération Sportive de France, met l'accent sur l'esprit de camaraderie qui règne dans les patronages et se plaçant au point de vue purement sportif, émet le voeu bien connu... que le meilleur gagne. Nous étions dès lors, sans le vouloir, en plein « boum ». Le déjeuner s'en ressentit malgré des apparences désinvoltes. AGEN, qui se trouvait en face de l'AURORE, semblait impressionné par le gabarit de nos jeunes, la haute stature de notre « grand », peut-être aussi par nos belles performances en face d' AUBOUE et de NILVANGE, qui leur avaient été signalées au dernier moment. Tout cela les travaillait, ça se voyait, ça se sentait. 

A 14h00. Départ subit de l'équipe agenaise... où... nous l'ignorons... nous avons appris le soir qu'elle avait reçu l'ordre de se coucher jusqu'à 16h30 alors même que le matin, le réveil ne les avait sorti du lit qu'à 11h00. Quelle belle veillée d'armes... qui différait totalement de la nôtre, quand on sait qu'après un copieux repas, comité et joueurs s'amusaient comme des enfants jusqu'à 15h30 moment choisi pour aller quérir les équipements à l'hôtel du Cygne. 

A 16h00, l' AURORE fait une entrée... inaperçue sur le terrain de la S.P.T.O. Situé en pleine ville dans une cour nue, sans ombrage aucun, dominé par dehautes maisons qui formaient un carré parfait et dont les fenêtres regorgeaient de resquilleurs. Quelques centaines de spectateurs s'y trouvaient déjà; ils avaient assisté en lever de rideau à un match de championnat local opposant TOURS à BLOIS. Exactement à notre arrivée, commence la première finale nationale Juniors. FEURS contre FOUGERES, finale brillante où FEURS fit montre d'une adresse et d'une technique supérieure. Le drapeau de FOUGERES complétement désorienté au début se ressaisit mais trop tard, et laisse le gain de la partie aux Enfants de FEURS, dont l'allégresse éclatait en hourras frénétiques et en hautes embrassades... Heureux enfants, pensions nous... quand les hauts-parleurs retentissent à nouveau annonçant la grande finale seniors honneur, BLEUETS AGENAIS – AURORE HUSSIGNY
Les équipes se présentent impeccablement et chaque joueur appelé se place à son poste normal. La participation de plusieurs sélectionnés du Périgord, de la Guyenne et de la Lorraine, indiquent assez justement la valeur des deux équipes adverses. Signalons en passant que les représentants Lorrains sont contractés au possible, sans doute parce qu'ils se sentent dans le bain, parce qu'ils réalisent que l'enjeu de la partie est d'une importance capitale: ne s'agit-il pas du titre de champion de France à conquérir... Nos jeunes n'ignorent pas qu'il faut cravacher pour gagner et que notre petite cité est dans l'attente fiévreuse du succès.
Coup de sifflet des arbitre fédéraux. Le combat débute plutôt mal pour nous... HUSSIGNY accumule maladresse sur maladresse... Édouard heureusement, en capitaine avisé met de l'ordre dans la maison, aère les ailes et conduit son cinq merveilleusement pour mener à la marque à la mi-temps par le score de 25 à 17 disons-nous... Évidemment il faut se méfier d'un optimisme exagéré mais nous nous
sentons rassurés avec nos huit points d'avance.
La deuxième mi-temps plus hachée, plus virile, verra les Agenais utiliser au mieux une adresse extraordinaire qui leur permet de talonner l' AURORE et de donner ainsi au comité réuni sur la touche des frissons indésirables... Sur la fin la galerie hurle, encourage ses favoris. « Allez les bleus, Allez les rouges » Les trois minutes sont annoncées. L' AURORE s'accroche... menant par 39 à 34, elle veut garder la balle malgré le forcing d' AGEN et alors que la touche accorde crédit aux contre-attaques des bleuets, Édouard, toujours lui, opportuniste au possible, fait une
passe splendide à MARES qui donne le coup de grâce aux agenais en portant la marque à 41-34. Dès lors, la partie est gagnée. Nous respirons sur la touche,
Monsieur le Curé a le sourire et quel sourire.
Au coup de sifflet final, ce fut la joie indescriptible de la victoire, joueurs et comité se congratulent.... Nous pensons tous à HUSSIGNY-GODBRANGE, à nos parents et amis qui attendent anxieusement le résultat. L' AURORE Champion de France, est-il titre plus envié, est-il aussi récompense plus méritée.
AGEN, bien que démonté par le coup du sort, se mêle à notre joie. Les bleuets, très délicatement et sportivement, nous félicitent de l'heureuse issue du match. Le photographe qui vient de faire son apparition prend l'équipe victorieuse toute fière de tenir la coupe tant désirée et ensuite les deux groupes adversaires unis bien amicalement, comme il se doit, après une lutte âpre mais sans heurts ni gestes déplacées.
Notre Président et notre Secrétaire, tout débordants de joie, se précipitent à l'hôtel pour annoncer la nouvelle sensationnelle à Radio Lorraine et à HUSSIGNY. JACQUET de NANCY a bien voulu saluer en termes choisis notre prouesse. Remercions-le très sincèrement de nous avoir transmis par les ondes les félicitations des sportifs Lorrains.
La sortie du stade de TOURS se fait vers 18h45, sans exubérance, sans manifestation tapageuse aucune. Nous sommes des Lorrains, par définition, des gens assez... calmes et froids...! Les joueurs, d'ailleurs, ne réalisent pas encore leur triomphe … D'autre part, le grand stratège dont l'autorité fait loi est loin d'être satisfait des péripéties du combat pourtant très agréable à suivre et ce en dépit de la parfaite exécution de certaines combinaisons.
La rentrée à l'hôtel ne passe pas inaperçue... Les félicitations affluent... 
Les vainqueurs ont la délicatesse de savourer modestement leur triomphe devant leurs rivaux vaincus. Au vin d'honneur qui suit, le Président   d' AGEN invite ses joueurs et son comité à pousser des hourras bruyants en l'honneur de HUSSIGNY. Monsieur le Curé se fait l'interprète de     l' AURORE pour remercier AGEN de son amabilité bien méridionale et de son acceptation facile d'une défaite qui n'avait en somme rien de déshonorant. « Les vrai pruneaux d' AGEN » dit-il, en substance, valent mieux que ceux que nous appréhendions pendant le match.
Après la dégustation attendue d'un VOUVRAY rafraîchissant, les deux clans désormais amis se mêlent fraternellement pour savourer un repas copieux entrecoupé de rires, d'anecdotes et de chansons. Le basket était loin, il n'y avait place que pour une entente parfaite, une harmonie idéalement belle qu'aucune fausse note ne vint troubler jusqu'à lundi matin 
 

01h30, moment des adieux. AGEN et HUSSIGNY se félicitent d'avoir passé une si belle journée et si brillante soirée où l'amitié fédérale des patronages s'était épanouie, au point d'avoir crée quelques regrets, bien vite envolés cependant... au souvenir de la victoire concrétisée par la fameuse coupe que portait dévotement Gilbert LECOMPTE.
A 02h30, le rapide TOURS- PARIS démarre dans un tintement assourdissant et nous emporte vers la capitale, fourbus, éreintés, incapables de la moindre réaction, indifférents à ce qui se passe même à proximité. Nous débarquons à « PANAME », aux environs de 06h00, les yeux,
quasi fermés, les cheveux en bataille, le visage noirci par par la fumée et la poussière (il faut savoir qu'à cette époque les trains fonctionnaient encore à la vapeur), les habits fripés... Le métro nous dépose à la gare de l' Est et de là nous nous dirigeons vers un petit restaurant pour nous permettre de nous refaire une beauté et prendre un petit déjeuner réparateur.
 

A 07h15, messe à Saint LAURENT, servi par les deux enfants de choeur impeccables et à laquelle tous assistent. Bravo, chers amis. La matinée se passe à visiter certains beaux coins de PARIS, entre autres les Invalides, les Champs Elysées, l' Arc de triomphe que les futurs parachutistes veulent gravir malgré leurs pieds endoloris. L'après-midi nous amènera au Palais de Challiot et à la Tour Eiffel où les amateurs d'émotions s'en donneront à coeur joie, au point d'oublier malheureusement la visite projetée au sanctuaire de Montmartre.
 

A 18h00, nous disons adieux aux Parisiens, et le train nous emporte heureux, vers notre petit coin du Pays Haut où nous attendent fébrilement nos parents et amis.
Cette dernière partie du voyage est sans histoire... signalons tout de même l'arrosage de la coupe avec un excellent Bourgogne dû à la générosité du capitaine.
 

A 23H15 arrivée à LONGWY. Descente du train sans précipitation, et, ô douce surprise, réception gentille organisée par un groupe de sportifs et d'amis sous la conduite de Monsieur Émile DESSOY et que Coco MURATORI saisit sur le vif au magnésium.
Ainsi se termine notre petite Odysée « Heureux qui, comme Ulysse a fait un beau voyage ».
Ce court mais délicieux voyage a plu souverainement. Il avait été réglé minutieusement dans ses moindres détails par notre dévoué secrétaire, Roger INGLEBERT. Il a été réalisé point par point, dans un esprit d'entente et de cordialité remarquable, joueurs et membres du comité se sont entendus parfaitement, favorisant une intimité qui ne s'est jamais démentie et qui se continuera, nous l'espérons bien, pour la prospérité et la renommé de notre société.

 

L' AURORE CHAMPION DE FRANCE F.S.F HONNEUR

Nous en sommes fiers à juste titre et nous félicitons sans réserve ceux qui sont à la base de ce succès sans précédent dans les anales de notre cité, tout en unissant dans un même sentiment de gratitude et de reconnaissance tous les membres actifs et honoraires de l' AURORE.
Nous souhaitons à notre beau groupement sportif d'autres succès et surtout le même esprit « fédé » que notre voyage à TOURS nous a permis d'apprécier au plus haut point et qui est à la base de la vitalité et de la grandeur de toute société dont le but essentiel est de former des corps sains et vigoureux et des âmes chrétiennes bien trempées et convaincus.


Un Anonyme
HUSSIGNY-GODBRANGE, Avril 1951


Voilà, vous connaissez à présent tout sur ce fabuleux titre. L' aventure ne s'est fort heureusement pas arrêtée ce dimanche 15 avril 1951, d'autres moments glorieux ont nourri le temps qui passe. Vous pouvez les découvrir dans « La fabuleuse histoire de l' AURORE » qui se trouve sur notre site internet. Aujourd'hui les membres de notre comité mènent un combat tout aussi honorable, sauver l' AURORE BASKET, comme on l'appelle à présent. De jeunes gens épaulés de quelques anciens s'y emploient ardemment. Nous pouvons leur faire confiance et leur souhaiter courage et détermination.
Aux Joueurs, à leur Entraîneur et aux Membres du comité qui ont porté haut les couleurs de l' AURORE en cette année 1951.

Jean ARNOULD

 

Aurore Basket

Hussigny - Godbrange

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